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Geologie

Die Gletscherlandschaft

Drei Schieferriegel — der Kirchensporn, der Maerelberg und der Baerenberg — geformt vom Gletscher, der einst das Thurtal bis Wesserling hinabreichte.

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Le Maerelberg (664 m) est l’un des verrous glaciaires du village. De son sommet, où la commune a installé un panneau d’interprétation, le regard embrasse la haute vallée de la Thur — et les noms que les hommes ont donnés aux lieux se lisent comme un livre d’histoire.

Un paysage façonné par les glaces

En amont de Wesserling commence la haute vallée de la Thur, qui doit son visage à un glacier. Lors de la dernière glaciation, il descendait la vallée sur une quinzaine de kilomètres et s’arrêtait à Wesserling : la côte que la route y gravit est sa moraine frontale, que la rivière et la voie ferrée ont entaillée.

Le glacier a donné à la vallée son profil « en auge » : un fond plat entre des versants raides. Au fond de cette auge, il a laissé de grosses buttes rocheuses, séparées du versant par d’étroits vallons : les verrous glaciaires. Le Baerenberg et le Maerelberg en sont les témoins à Oderen, avec le promontoire de l’église ; le Schlossberg, sur lequel s’appuie le barrage de Kruth-Wildenstein, en est un autre, plus haut dans la vallée.

Entre Kruth et Oderen, la roche garde par endroits le poli du glacier. Dans les vallons latéraux, la glace a creusé de petits cirques : celui de Saint-Nicolas, sous le col d’Oderen, en est un.

La Thur, elle, naît à 1 048 m d’altitude au pied du Rainkopf. Après cinq kilomètres d’un parcours rocheux, elle alimente la retenue de Kruth-Wildenstein, puis traverse Kruth, Oderen et Fellering.

Les roches d’Oderen

La roche la plus répandue de la vallée est la grauwacke, un grès grossier, gris à verdâtre, fait en grande partie de débris de roches volcaniques. À Oderen, elle prend la forme de schistes gris à noirâtres. En amont, sur la rive droite de la Thur, le « granite des crêtes », grisâtre à rosé, lui succède jusqu’à la hauteur du village.

De petites masses de gneiss affleurent aux environs : près de la ferme du Treh, rive gauche, et au Thalhorn, rive droite. À leur voisinage, au Thalhorn et au Bergenbach, on rencontre des roches vertes, serpentines et gabbros.

Le relief en cartes

Carte d’Oderen situant le Baerenberg, le promontoire de l’église et le Maerelberg, le long de la Thur
Les trois verrous glaciaires d’Oderen : le Baerenberg, le promontoire de l’église et le Maerelberg. Cliquez sur la carte pour l’agrandir. Données : © les contributeurs d’OpenStreetMap.
Carte de la haute vallée de la Thur, du Rainkopf à Thann : ligne de crête, sommets, cols, cours d’eau et villages
La haute vallée de la Thur, des crêtes à Thann, redessinée d’après la carte ci-dessous. Données : © les contributeurs d’OpenStreetMap.
Carte dessinée à la main : « Les formes de relief de la vallée vosgienne de la Thur », avec sa légende
« Les formes de relief de la vallée vosgienne de la Thur » : la carte dessinée à la main qui a servi de modèle. Elle situe aussi les replats, les moraines et les dépôts laissés par le glacier. Carte extraite du livre « La haute vallée de la Thur », Éditions S.A.E.P., Ingersheim (Colmar).

Des mots dans le paysage

Deux héritages se croisent dans les noms de lieux. Au Moyen Âge, l’abbaye de Remiremont étend son influence sur la haute vallée de la Thur : d’où des noms d’origine vosgienne. Et du haut Moyen Âge au XVIIe siècle, la région appartient au Saint-Empire romain germanique : d’où les nombreux termes alémaniques.

  • La rue Gorth, au pied de l’église — son nom viendrait du celtique cort, un lieu fortifié : une fortification aurait occupé le promontoire de l’église avant l’ère chrétienne.
  • Breymatten — bray, mot vosgien issu du bas latin bracium, désigne un terrain humide ; Matten signifie « prés » en alémanique.
  • Le Maerelberg (664 m) — il porte le nom du Maerel, l’étang de son flanc est ; le même élément désigne un lac dans d’autres noms vosgiens, comme Gérardmer.
  • Le Baerenberg (554 m) — « la montagne de l’ours », souvenir d’une faune aujourd’hui disparue des Hautes-Vosges.
  • Kruth — de l’alémanique gereuth, « défricher ».
  • Le Grand Ventron — le nom du massif et du village de Ventron vient de l’allemand Winter : ces hauteurs servaient autrefois de lieux d’hivernage aux marcaires alsaciens.
  • Le Schlossberg (670 m) — en allemand, Schloss désigne à la fois un verrou et un château : c’est sur ce verrou glaciaire que le château du Wildenstein est bâti au XIIIe siècle. Il est détruit en 1646.
  • Le Uhufels (680 m) — le « rocher du hibou ».
  • Le Gommkopf (842 m) — du celtique cumba, une dépression en forme d’auge.
  • Le Tschar (600 m) — d’un terme prélatin, kar, qui désigne un lieu pierreux.
  • Le Gottrunz — ce ruisseau doit son nom au latin gutta, la source ; le mot vosgien « goutte », qui désigne un cours d’eau, a la même origine.
  • Grandsché — en patois vosgien, ché désigne le champ : c’est le « grand champ ».
  • Le Treh (1 266 m) — de l’allemand dreschen, « abattre » : un pâturage gagné sur la forêt.

Au pied du Maerelberg, le lac de Kruth-Wildenstein est plus récent : ce lac de barrage a été aménagé de 1960 à 1965 pour réguler le cours de la Thur.

D’après le panneau « La haute vallée de la Thur depuis le Maerelberg », commune d’Oderen, et le chapitre d’Adrien Andres, « Aspects physiques et géographiques de la vallée », dans La haute vallée de la Thur, Éditions S.A.E.P., Ingersheim.