Mardi 27 octobre 2026, les enfants du Conseil municipal des jeunes (CMJ) ont retrouvé les résidents pour une deuxième rencontre, sur le thème « les enfances et les souvenirs ». Après un tour de présentation, la parole a été donnée aux aînés, qui ont raconté comment se déroulait la vie autrefois.
L’histoire des verriers de Wildenstein
Un résident originaire de Wildenstein a raconté l’histoire de son village. Vers 1699, après la guerre de Trente Ans qui avait dépeuplé la région, des verriers venus de Suisse et du Sundgau se seraient installés au fond de la vallée, avec l’autorisation de l’abbaye de Murbach. Le bois, le sable et la source de la Thur rendaient l’endroit idéal pour fabriquer bouteilles et grandes bonbonnes, échangées jusqu’en Franche-Comté et en Forêt-Noire.
Sans église ni cimetière, les habitants de Wildenstein dépendaient alors d’Oderen : le curé venait célébrer la messe au pied d’une croix, et un emplacement du cimetière d’Oderen est consacré aux verriers.
L’école et la vie quotidienne d’autrefois
Les enfants ont découvert un quotidien bien différent du leur : pas d’eau courante ni d’électricité dans certaines maisons, le linge lavé à la main, jusqu’à un mètre de neige en novembre pour se rendre à l’école en sabots. En classe, on écrivait à la plume et un gros poêle chauffait la salle ; en juin, les élèves montaient eux-mêmes le bois au grenier, parfois récompensés par du chocolat. Filles et garçons étaient séparés à la récréation, et il n’y avait que quinze jours de vacances dans l’année, passés à aider aux champs.
Mais on savait aussi s’amuser : billes, marelle, cache-cache jusqu’à la nuit, poupées de chiffon et petits chevaux de bois. À Noël, un beau sapin se décorait simplement d’oranges et de petits gâteaux. Le récit du dentiste et de sa fraise à pédale a fait son effet !
Les souvenirs de guerre
Les aînés ont aussi évoqué les périodes de guerre : les combats du Hartmannswillerkopf, le récit d’une trêve d’une heure à Noël 1915 où des chants montaient des hauteurs, les nuits passées dans les caves pendant les bombardements, le couvre-feu et les fenêtres masquées. Un message est revenu avec force : choisir le respect plutôt que la violence.
Frères, sœurs et chamailleries
Sur ce sujet, les générations se sont retrouvées ! Batailles de coussins pour les uns, brosse lancée sur des frères qui salissaient le sol tout juste lavé pour les autres. Un enfant a résumé : « On se dispute, mais on rigole quand même bien ensemble. » À la question « Osiez-vous dire non à vos parents ? », les résidents ont répondu qu’ils n’osaient jamais… ce qui ne les empêchait pas de faire certaines choses en cachette.
Le travail et les messages transmis
Les enfants ont aussi appris qu’autrefois, on commençait à travailler très jeune, parfois dès 14 ans au tissage de Wesserling, et que le salaire était souvent remis aux parents.
Avant de se quitter, les résidents ont invité les enfants à respecter les personnes âgées, car on apprend beaucoup de ceux qui ont vécu avant nous. Ils ont félicité les jeunes pour leur engagement au CMJ et les ont encouragés à poursuivre, pour un jour « prendre la relève ».
Prochain rendez-vous : les bredalas
La rencontre s’est terminée autour d’un goûter offert par la résidence. Une prochaine rencontre est déjà prévue autour d’un atelier de préparation de bredalas : une résidente partagera les recettes de sa famille, et le CMJ apportera les ingrédients.
Merci à Céline Grunenwald pour les textes.
